Articles

Pierre Jean George Cabanis – Encyclopédie

NOMS GÉOGRAPHIQUES  Espagnol  Chinois simplifié  Français  Allemand  Russe  Hindi  Arabe  Portugais

PIERRE JEAN GEORGE CABANIS (1757-1808), physiologiste français, né à Cosnac (Corrèze) le 5 juin 1757, est le fils de Jean Baptiste Cabanis (1723-1786), avocat et agronome. Envoyé à l’âge de dix ans au collège de Brives, il montra une grande aptitude à l’étude, mais son indépendance d’esprit était si excessive qu’il était presque constamment en état de rébellion contre ses professeurs, et fut finalement renvoyé de l’école. Il est ensuite emmené à Paris par son père et laissé poursuivre ses études à sa discrétion pendant deux ans. De 1773 à 1775, il voyage en Pologne et en Allemagne, et à son retour à Paris, il se consacre principalement à la poésie. À cette époque, il s’aventura à envoyer à l’Académie une traduction du passage d’Homère proposé pour leur prix, et, bien que sa tentative se soit déroulée sans préavis, il reçut tant d’encouragements de la part de ses amis qu’il envisagea de traduire l’ensemble de l’Iliade. Mais au désir. de son père, il renonça à ces agréables emplois littéraires, et décidant de s’engager dans une profession établie, il choisit celle de la médecine. En 1789, ses Observations sur les hopitaux lui valent d’être nommé administrateur des hôpitaux de Paris et, en 1795, il devient professeur d’hygiène à la faculté de médecine de Paris, poste qu’il échange contre la chaire de médecine légale et d’histoire de la médecine en 1799. Par inclination et par mauvaise santé, il ne s’engagea jamais beaucoup dans la pratique en tant que médecin, ses intérêts se situant dans les problèmes plus profonds de la science médicale et physiologique. Pendant les deux dernières années de la vie de Mirabeau, il était intimement lié à cet homme extraordinaire, et a écrit les quatre articles sur l’instruction publique qui ont été trouvés parmi les papiers de Mirabeau à sa mort, et ont été édités par le véritable auteur peu de temps après en 1791. Pendant la maladie qui mit fin à sa vie, Mirabeau se confia entièrement à la compétence professionnelle de Cabanis. De l’évolution de la maladie et des circonstances de la mort de Mirabeau, Cabanis rédigea un récit détaillé, destiné à justifier son traitement de l’affaire. Cabanis a épousé avec enthousiasme la cause de la Révolution. Il fut membre du Conseil des Cinq-Cents puis du Sénat conservateur, et la dissolution du Directoire résulta d’une motion qu’il fit en ce sens. Mais sa carrière politique ne fut pas de longue durée. Ennemi de la tyrannie sous toutes ses formes, il était résolument hostile à la politique de Bonaparte et rejetait constamment toute sollicitation pour accepter une place sous son gouvernement. Il meurt à Meulan le 5 mai 1808.

Une édition complète des œuvres de Cabanis a été commencée en 1825 et cinq volumes ont été publiés. Son ouvrage principal, Rapports du physique et du moral de l’homme, se compose en partie de mémoires, lus en 1796 et 1797 à l’Institut, et est une esquisse de psychologie physiologique. La psychologie est avec Cabanis directement liée à la biologie, car la sensibilité, le fait fondamental, est la plus haute qualité de vie et la plus basse de l’intelligence. Tous les processus intellectuels ont évolué à partir de la sensibilité, et la sensibilité elle-même est une propriété du système nerveux. L’âme n’est pas une entité, mais une faculté ; la pensée est la fonction du cerveau. Tout comme l’estomac et les intestins reçoivent de la nourriture et la digèrent, de même le cerveau reçoit des impressions, les digère et a comme sécrétion organique, la pensée. À côté de ce matérialisme sévère, Cabanis tenait un autre principe. Il appartenait en biologie à l’école vitaliste de G. E. Stahl, et dans l’ouvrage posthume, Lettre sur les causes premières (1824), les conséquences de cette opinion sont devenues claires. La vie est quelque chose qui s’ajoute à l’organisme; au-delà de la sensibilité universellement diffusée, il y a un pouvoir vivant et productif auquel nous donnons le nom de Nature. Mais il est impossible d’éviter d’attribuer à ce pouvoir à la fois intelligence et volonté. En nous, ce pouvoir vivant constitue l’ego, qui est vraiment immatériel et immortel. Ces résultats Cabanis n’a pas pensé en harmonie avec sa théorie antérieure.